La voiture électrique d’occasion attire davantage l’attention en France, à en croire les données disponibles au printemps 2026. En mai, les immatriculations ont atteint 22 932 unités, soit plus du double sur un an selon AAA Data, un chiffre rapporté par Numerama. Cette hausse intervient dans un marché de seconde main où l’électrique reste minoritaire, mais où les recherches et l’offre évoluent rapidement. Pour les automobilistes, le mouvement ne dispense pas d’une comparaison attentive des véhicules proposés, de leur prix et de leur usage envisagé.
En bref
- En mai 2026, 22 932 voitures électriques d’occasion ont été immatriculées, soit plus du double sur un an selon AAA Data.
- Les recherches de véhicules électriques sur Leboncoin ont augmenté de 81 % en avril 2026 puis de 40 % en mai.
- Le nombre de voitures électriques référencées sur Leboncoin est passé d’environ 7 000 il y a trois ans à 26 000 en moyenne.
- Selon une analyse de Leboncoin Auto, la décote moyenne après cinq ans atteint 59 % pour les modèles électriques étudiés.
Les données observées ne permettent pas d’établir que la crise des carburants est la cause directe de cette progression, ni de conclure que chaque recherche se transformera en achat. Elles montrent en revanche un regain d’intérêt mesurable pour l’électrique d’occasion sur une période précise, alors que les prix des carburants occupent une place accrue dans les préoccupations liées à l’automobile.
Les recherches accélèrent sur Leboncoin
Sur Leboncoin, les recherches de voitures électriques ont progressé de 81 % en avril 2026. La plateforme observait habituellement une hausse d’environ 20 % par mois. En mai, la progression s’est poursuivie à hauteur de 40 %. Ces indicateurs décrivent l’intensité des consultations et des intentions de recherche, pas un volume d’achats finalisé.
La Tesla Model 3 représentait 13 % des recherches de voitures électriques d’occasion sur la plateforme, devant la Renault Zoé, à 9 %. Ce classement des recherches ne correspond pas nécessairement à la disponibilité des modèles. Il rappelle surtout que les acheteurs peuvent comparer plusieurs véhicules avant d’arrêter leur choix, selon le budget, les trajets prévus et les caractéristiques recherchées.

L’offre s’est elle aussi étoffée. Leboncoin comptait environ 7 000 voitures électriques référencées il y a trois ans, contre 26 000 en moyenne désormais. Malgré cette progression, les véhicules électriques ne représentaient que 6 % du marché de l’occasion dans les données citées. Près de 90 % de l’offre électrique d’occasion sur la plateforme était détenue par des professionnels.
Cette configuration peut modifier la manière de préparer son achat. Une annonce professionnelle n’efface pas la nécessité de vérifier les informations communiquées, tandis qu’une offre plus abondante permet de mettre en regard des exemplaires comparables. Le choix d’une voiture électrique dépend également de l’usage quotidien et de l’environnement de recharge. Ces questions prolongent celles abordées dans l’essor des bornes de recharge lié aux voitures électriques, un enjeu concret avant toute décision.
La décote élargit les écarts entre modèles
L’évolution du marché de l’occasion se lit aussi dans les valeurs résiduelles. Selon une analyse de Leboncoin Auto rapportée par Le Dauphiné, la décote moyenne après cinq ans s’établissait à 59 % pour les voitures électriques analysées. Cette moyenne masque des écarts importants entre les dix modèles les plus vendus examinés.

La baisse de valeur variait de 53 % pour la Dacia Spring à 65 % pour la Renault Zoé. La Peugeot e-2008 perdait 62 % de sa valeur en cinq ans, avec un passage de plus de 40 000 euros à 15 400 euros. La Renault Twingo ZE affichait elle aussi une décote de 62 % et se retrouvait sous les 10 000 euros. Pour la Fiat 500 électrique, la baisse atteignait 56 % sur la même durée.
Ces références ne suffisent pas à comparer automatiquement une voiture électrique à une voiture thermique d’occasion. Elles permettent néanmoins de situer la diversité des valeurs au sein de l’électrique, y compris entre modèles de gabarit voisin. Un prix affiché doit donc être analysé au regard du modèle précis, de son âge, de son kilométrage, de son état et des équipements proposés, plutôt qu’à partir de la seule catégorie « électrique ».
Comparer l’annonce avec son besoin réel
La montée des recherches et l’élargissement du stock créent un contexte où les acheteurs ont davantage de véhicules à examiner. Elle ne transforme pas tous les modèles en choix équivalent. Les chiffres disponibles incitent à distinguer trois plans : le niveau d’intérêt observé sur une plateforme, le volume d’annonces disponibles et la valeur de revente estimée après plusieurs années.
- Comparer des modèles semblables : la décote varie sensiblement d’un véhicule à l’autre, y compris parmi les électriques les plus diffusées.
- Lire l’offre au-delà du prix : une annonce doit être rapprochée de l’usage prévu, notamment les déplacements réguliers et les possibilités de recharge.
- Distinguer recherche et transaction : les hausses de consultation sur Leboncoin sont un signal d’intérêt, sans démontrer à elles seules une progression durable des achats.
Les données de mai 2026 confirment ainsi une phase de visibilité renforcée pour la voiture électrique d’occasion. Avec 22 932 immatriculations sur le mois et des recherches en nette hausse sur Leboncoin, le segment gagne en attention. L’écart entre les décotes observées rappelle toutefois qu’un marché plus fourni ne remplace pas l’examen méthodique de chaque véhicule.
Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Gustavo Fring. Licence: Pexels License.

