Hamilton juge les jeunes pilotes de F1 frileux sous la pluie
Remonté de la 18e à la troisième place à Sepang, le pilote Ferrari regrette une F1 devenue frileuse sous l’averse, de la FIA jusqu’aux nouveaux venus.
Au lendemain de la course disputée sous l’averse à Sepang, Lewis Hamilton, septuple champion du monde et pilote Ferrari, a reproché aux jeunes pilotes de Formule 1 leur prudence sur piste mouillée.
En bref
- Le Britannique ne vise pas seulement la nouvelle génération.
- Le pilote Ferrari ne minimise pas le danger.
- Il s’agit là de l’analyse personnelle du Britannique, qui plaide pour une approche moins restrictive des courses sous la pluie et pour davantage d’audace, en assumant que ces épreuves comportent une part de risque accrue.
Le Britannique ne vise pas seulement la nouvelle génération. Il met aussi en cause ceux qui prennent les décisions à la FIA, et décrit un sport où la pluie, longtemps terrain d’expression des grands pilotes, serait désormais abordée avec une retenue qu’il ne partage pas. Ses propos, rapportés par F1i, prennent appui sur un week-end chaotique.
Un Grand Prix de Bahreïn délocalisé et noyé sous l’eau
Le Grand Prix de Bahreïn s’est exceptionnellement tenu sur le circuit de Sepang, en Malaisie. Hamilton y avait signé le deuxième temps des qualifications, juste derrière Max Verstappen, et attendait avec gourmandise un duel avec le Néerlandais sur une piste détrempée. La météo et la technique ont bouleversé ce scénario.
- Hamilton se place en deuxième position, derrière Max Verstappen.
- De fortes pluies imposent un premier retard, chiffré à 40 minutes par F1i.
- Un problème logiciel affecte plusieurs unités de puissance et provoque un nouvel arrêt ; Hamilton doit immobiliser sa Ferrari et relancer ses systèmes.
- Parti sur un pari de pneus pour piste sèche, il chute au 18e rang puis remonte jusqu’à la troisième place.
Selon Auto Moto, les organisateurs ont dû repousser le départ, finalement donné avec un retard de plus d’une heure et demie par rapport à l’horaire prévu. Les deux médias ne détaillent donc pas les délais de la même façon, mais s’accordent sur une après-midi largement perturbée.
La bataille manquée face à Verstappen et Antonelli
Ce podium n’efface pas une frustration. Hamilton regrette que les retards successifs l’aient privé de l’affrontement qu’il espérait sur le mouillé, contre Max Verstappen et Kimi Antonelli. Ce duel sous la pluie, c’était précisément la course qu’il avait en tête en voyant l’averse arriver.
Il raconte pourtant avoir pris du plaisir. Lancé en pneus pour le sec sur un asphalte encore trempé, il décrit des conditions extrêmement difficiles, et un défi qu’il dit avoir apprécié. Le pilote Ferrari ne minimise pas le danger. « Est-ce plus risqué ? Absolument », reconnaît-il, avant d’expliquer que la pluie reste à ses yeux l’occasion de repousser ses limites et de faire valoir son talent. Il résume sa vision du métier ainsi : « C’est ça, la course automobile : piloter à la limite, au feeling, et c’est vraiment là que l’on peut faire la différence. Et finalement, c’est là que j’ai fait la différence sous la pluie ! »
De Silverstone 2008 à aujourd’hui, des pneus et des essais différents
Pour étayer son regret, Hamilton remonte à sa victoire au Grand Prix de Grande-Bretagne 2008, disputé sous la pluie, qu’il cite comme modèle de grande course dans ces conditions. « Les courses sous la pluie ne sont plus les mêmes qu’avant », affirme-t-il. Il attribue une partie de ce changement au matériel de l’époque, lorsque Bridgestone fournissait les gommes.
| Élément cité par Hamilton | À l’époque de Bridgestone | Selon lui aujourd’hui |
|---|---|---|
| Essais | Plus nombreux, permettant de développer les pneus | Moins de possibilités |
| Pneus pluie | Meilleurs et davantage développés | Moins performants qu’alors |
| Référence | Victoire au Grand Prix de Grande-Bretagne 2008 | Courses sous la pluie « plus les mêmes » |
Une prudence qu’il voit à la FIA comme dans les cockpits
Le cœur de sa critique porte sur l’état d’esprit. Hamilton estime que les responsables de la FIA deviennent de plus en plus précautionneux, et que les pilotes qui débarquent dans la discipline suivent la même pente. Il le formule sans détour auprès d’Auto Moto :
« J’adore courir sous la pluie. Je pense que les personnes qui prennent les décisions sont beaucoup plus prudentes, mais les jeunes pilotes qui arrivent sont eux aussi de plus en plus prudents. »
Lewis Hamilton, pilote Ferrari, septuple champion du monde
Il dessine ensuite une ligne de partage générationnelle. D’un côté, les pilotes de la vieille école qui lancent « Allons courir » ; de l’autre, des plus jeunes qui répondent « Ne courons pas ». Selon F1i, Hamilton ajoute que la FIA se retrouve face à ces deux types de messages divergents, et qu’elle adopte elle aussi une attitude extrêmement prudente.
Il s’agit là de l’analyse personnelle du Britannique, qui plaide pour une approche moins restrictive des courses sous la pluie et pour davantage d’audace, en assumant que ces épreuves comportent une part de risque accrue.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jenda Kubeš. Licence Pexels.
