Une carte de recharge qui croise les données de consommation et de batterie de la flotte
Michelin Connected Fleet croise les données de recharge avec la télématique des véhicules pour aider les entreprises à repérer les sessions coûteuses.
En bref
- La carte EV Charge est lancée par la filiale Michelin Connected Fleet pour les flottes d’entreprise.
- Une application permet de localiser les bornes, d’en vérifier la disponibilité et de planifier les trajets.
- Les données de recharge sont croisées avec celles de la plateforme MyConnectedFleet.
- Le marché compte déjà des cartes pro signées TotalEnergies, Chargemap, Octopus Energy et Ionity.
Michelin entre sur le terrain de la recharge avec EV Charge, une carte conçue pour les flottes d’entreprise et lancée par sa filiale Michelin Connected Fleet, selon Automobile Propre.
Une carte, une application et des outils de gestion
EV Charge ne se limite pas à un moyen de paiement. Le dispositif associe la carte, une application mobile et des outils destinés aux gestionnaires de parc. Le but affiché est de simplifier la vie des conducteurs, qui n’ont plus besoin de multiplier les abonnements et les moyens de paiement, tout en offrant aux entreprises un meilleur contrôle de leur facture énergétique.
L’application permet de localiser les bornes, de vérifier leur disponibilité, de planifier les déplacements et de choisir la solution de recharge la plus adaptée. Sur les prix, Michelin promet une tarification transparente, sans majoration par rapport aux tarifs des réseaux partenaires. Des tarifs négociés sont annoncés dans certains cas. Aucun prix de la carte ni date de disponibilité n’est communiqué.
La télématique comme argument différenciant
Sur le papier, la carte seule ressemble à ce que proposent déjà Chargemap ou Electra. Le point distinctif se situe ailleurs : EV Charge s’intègre à MyConnectedFleet, la plateforme de télématique que Michelin commercialise déjà. Les données de recharge y sont croisées avec les trajets réalisés, la consommation, les niveaux de batterie et les habitudes de conduite.

Les gestionnaires peuvent ainsi repérer les sessions de recharge les plus coûteuses ou les moins efficaces. Pour bâtir l’offre, Michelin s’est appuyé sur Deftpower, société néerlandaise de services de recharge. Sa plateforme MSP-2.0, en marque blanche, gère l’accès aux bornes, les paiements, la facturation et l’analyse des sessions.
EV Charge complète un dispositif existant. MyConnectedFleet identifie déjà les véhicules remplaçables par des modèles électriques d’après leurs usages réels, et suit les batteries ainsi que l’autonomie. De son côté, Watèa by Michelin propose depuis 2021 des abonnements pour utilitaires électriques, étendus depuis à l’hydrogène, avec véhicules, infrastructures et services associés.
Un marché français déjà bien garni
La carte arrive face à plusieurs offres pour professionnels, dont les atouts affichés diffèrent.
| Offre | Atouts revendiqués |
|---|---|
| TotalEnergies Fleet | Compatibilité avec 99 % des bornes publiques françaises, plus de 900 000 points de charge en Europe, option de 15 % de réduction sur ses bornes haute puissance |
| Chargemap Business | Plus de 1 700 réseaux, suivi des recharges publiques, en entreprise et au domicile des salariés, télépéage intégré |
| Octopus Fleet | 5,50 euros HT par mois et par conducteur, sans marge sur l’énergie, accès à 97 % des bornes publiques françaises, tarifs dégressifs avec Powerdot |
| Ionity Fleet | Carte pour professionnels proposée par l’opérateur de recharge |
Chargemap appartient au même groupe qu’Automobile Propre, ce que le média précise lui-même. Face à cette concurrence, Michelin mise sur la donnée : rapprocher les informations télématiques des dépenses énergétiques pour offrir une analyse plus poussée qu’une simple carte de recharge. Pour comprendre les mécanismes de puissance et de ralentissement des bornes, un article de 7pm-auto.fr détaille le fonctionnement de la recharge.
Photo : smart-me AG / Pexels
